Un petit blog sympa, consacré aux chroniques que j'écris sur le jeu d'EA Games : Les Sims. Céquoiça les Sims ? Venez donc faire connaissance, ils ne mordent pas !

Et donc, Kérine et Nathel attendaient avec impatience le retour du fils prodige.
JE SAIS qu’on dit le fils prodigue, mais encore heureux qu’il soit plus prodige que prodigue.
-Ah, Nathel, j’ai cru que ce jour n’arriverait jamais. Ces quatre années m’ont semblé durer des siècles, confiait Kérine à son mari.
-Mais tu es bien heureuse à présent, d’avoir comme fils le premier diplômé des Dubagne. Tu vas pouvoir en profiter. Ne le couve pas trop, il n’était qu’un ado boutonneux en partant, mais c’est un homme à présent, conseilla Nathel.
-Pour moi, il sera toujours mon tout-petit. Savoir qu’il va rentrer, c’est trop de bonheur, trop de bonheur répétait-elle inlassablement.
Sûr que c’était un homme à présent. Il allait pas tarder à leur prouver à quel point. A peine descendu du taxi qui le ramenait de l’université, il appela sa chère Karine et lui offrit une superbe bague de fiançailles qu’elle accepta avec empressement et lui proposa d’emménager. Elle s’inscrivit dans une tradition que je croyais révolue, rapportant 1 000 $ et un inventaire vide. Elle s’en alla sans faire de bruit, la faucheuse ne se dérangea même pas, elle se contenta de lui envoyer sa faux et le verre d’alcool du condamné sur fond de musique des îles. Vous dire le chagrin de Nathel. Il n’avait vécu que pour rendre sa femme heureuse, lui faire oublier la mort de leur fils Merak et le départ de Rigel pour l’université. Si elle trouvait encore la force de sourire, c’était grâce à lui, à ses petites attentions, à ses baisers, à la manière qu’il avait de se moquer d’elle gentiment. Rien. Même l’annonce de la grossesse de Karine ne put l’arracher à sa dépression. Il ne se rasait plus, se laissait grossir, errait dans la maison comme un mort-vivant, n’espérant qu’une chose : la rejoindre. Partager sa mort comme il avait partagé sa vie. Rigel, quand il sut qu’il allait devenir père, tint à épouser sa promise. Il lancèrent des invitations. Ce fut tout de même une belle cérémonie. A part Nathel qui tirait une tête d’enterrement et les mariés qui dédaignèrent l’arche de mariage pour s’unir à côté du buffet. C’était bien la peine d’avoir déroulé le tapis rouge ! Heureusement, le champagne aida à détendre l’atmosphère. Avec un petit coup dans le nez, les invités commencèrent à trouver qu’après tout, c’était pas si mal, ce mariage. Pendant qu’ils se dessaoulaient dans le bain à remous, trouvant à présent que c’était tellement original que c’était presque aussi beau que le mariage du prince Charles, Nathel avait le vin triste. Un mariage aussi original, comme dirait l’autre tache, ne pouvait pas se terminer de façon banale. Aussi ont-ils fait fort pour le final. Ils avaient commandé une limousine pour partir en voyage de noces. Mais au moment d’y grimper, la mariée s’est ravisée. 
-Tu crois que tes parents vont m’accepter ? C’est peut-être aller un peu vite en besogne, s’inquiéta Karine. Mais Rigel lui assura que ses parents seraient ravis.
-Maman ne cessait de me demander si j’avais une petite amie. Elle a tellement hâte d’être grand-mère. Et papa… du moment que ça fait plaisir à maman.
Hélas, le bonheur de Kérine fut de courte durée. Elle avait eu raison de dire que c’était trop. Son fils lui avait tellement manqué, et il revenait, fiancé. Elle allait pouvoir être grand-mère, un désir qu’elle caressait depuis si longtemps.
Son cœur fatigué n’avait pas résisté à la tendresse qui l’étouffait.
Faudra que j’aille lui dire deux mots. Ca se fait pas des trucs comme ça.
-Pleure pas, tu le reverras, ton fils !
Mais aujourd’hui, qui le consolerait, lui, de la mort de sa tendre épouse ?
Heureusement qu’il avait obtenu son désir à long terme, finalement, ça nous a évité le psy.
Algéna et Farhid étaient sur la liste. Et Benjamin, de son côté avait racolé deux amis à lui qui s’incrustèrent durant la cérémonie et le repas qui suivit. Comme la mort de Kérine était encore très proche, les mariés choisirent (enfin choisirent, je me comprends) de s’habiller sobrement. Point de robe blanche ni de smoking, du tout les jours amélioré. Le courant passa immédiatement entre Farhid et Karine.
Remarquez, Farhid, lui, dès qu’il voyait une jolie femme, le courant passait.

C’était pourtant le plus grand mariage qu’on eut jamais organisé chez nous : arche de mariage (pfff) ballons, fleurs, buffet, champagne et pièce montée. Rien ne manquait, sauf… l’ambiance.
Ben-oui, à cause de Nathel qui pleurait dans son assiette, personne n’osait avoir l’air de s’amuser. Ca valait bien le coup d’avoir fait des frais, on courait vers le désastre.
-Comme c’est original, la mariée a la même robe que moi. C’est parce que vous êtes en deuil ? appuya bien lourdement la copine à Benjamin.
-Non, c’est parce qu’on aime bien se faire remarquer, rétorqua Rigel. Du moment qu’on donne du blé à moudre à la boite à ragots, y a pas plus heureux que nous.
-Wouarf, wouarf, ce qu’il est drôle. Un ban pour le marié, allez, tous avec moi : hip-hip-hip
HOURRAH ! cria l’assemblée en faisant un tintamarre pas possible avec les flûtes.
-Si seulement Kérine avait pu voir ça. Elle est partie trop vite, ça l’aurait rendue si fière, si heureuse de voir son fils réussir une fête inoubliable. Du jamais vu dans la famille. Et moi ? Pourquoi je suis encore là ? Que me reste-t-il à espérer ? Mon fils marié, un bébé à naître, je pourrais partir à présent, la descendance est assurée. J’ai fini de jouer, la partie ne m’intéresse plus. Mais c’est qu’il nous tirerait des larmes, l’animal.
-Dans mon état, ce ne serait pas très prudent.
Rigel a eu beau lui démontrer par A + B qu’au contraire, ça lui ferait le plus grand bien, rien à faire.
-Nan-nan, je t’assure, tu n’as qu’à y aller tout seul, moi je préfère rester à la maison. Et puis, on ne peut pas abandonner ton père, tu as bien vu qu’il ne va pas très fort.
Rigel hésita bien un peu, mais zut, la limousine, le voyage de noces, tout ça avait coûté bonbon. Tant qu’à faire que de tout perdre, autant qu’un des deux en profite. Il s’est offert le voyage tout seul.
Et il a bien fait, pauvre petit.